Le labeur utile d’un médecin du travail.

Poste le 5 mai 2008 
Dans la categorie Livres de chevet

Dorothée Ramaut nous livre un témoignage édifiant du monde du travail vu de sa compétence de médecin. Je dis médecin et le dis bien pour un « ouste » ferme aux dires dégradants à propos de cette spécialité.

Dans son journal, elle parle de ses jours de vacation en qualité de médecin du travail obligatoire pour une entreprise de plus de 50 salariés. Elle consulte les salariés d’un hypermarché dont elle tait le nom prudemment. Elle y peint une ambiance qui tient de l’horreur avec exemples cruels à la clé.
L’envie d’étrangler son directeur est réprimée par une violente dégradation de soi et nous assistons à la souffrance de ces vies professionnelles meurtries.

Le harcèlement moral deviendrait-il alors une composante du management actuel ?
C’est pas neuf ! C’est vieux comme le monde.

Le chantage au chômage, les changements de programme de dernière minute, les allusions tendancieuses, les ordres et contre-ordres, les insultes, les jours de congés rognés ou changés sont des pratiques courantes et pas seulement dans les supermarchés.

Son cahier est rassurant d’une certaine manière : les responsables connaissent la souffrance infligée aux salariés ; que faire en réalité ?

Travailler est nécessaire.
Pour le salaire en premier lieu : il permet de s’alimenter, de se loger, de se fondre dans la norme sociétale.
En deuxième lieu : il nous donne le sentiment d’être utile dans la grande architecture de notre système.
Et enfin, le travail nous construit à l’intérieur de nous-même peu importe au fond la tâche, nous nous sentons grands et normaux. Le regard que nous portons à ceux qui sont en marge est le point sur le « i » de ces allégations.

Le courage du Docteur Dorothée Ramaut est à saluer car 20 ans de sa vie professionnelle ont été nécessaires pour briser la loi du silence dans cette grosse entreprise où la loi impose la présence d’un médecin du travail. Question au Docteur Ramaut : pour les autres salariés dans les entreprises de 1 à 49, vous avez une copine ou une sœur, comme vous ?
Les choses dans l’entreprise, dans laquelle elle a exercé ses fonctions, n’évoluent pas et celle-ci ne tire pas les leçons utiles pour économiser douleurs et argent car il s’agit aussi de cela dans cet aspect de la gestion humaine. Tant pis pour ladite entreprise, on n’oblige pas un âne à boire quand il n’a pas soif.
Certaines victimes du harcèlement moral ont pu obtenir réparation, c’est déjà ça !

Journal d’un médecin du travail
Témoignage, La souffrance au travail
Dorothée Ramaut, le Cherche-Midi, 10 euros

Extrait : La définition du harcèlement moral est claire : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. » Elle se distingue d’un comportement professionnel normal

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