Les effluves de la honte

Poste le 8 mai 2008 
Dans la categorie Humeur

8 Mai 2008.

C’est pour nous, un jour férié, prétexte à pont pour un grand WE de mai où je profite des premiers jours de beaux temps. Ballade, cueillette de fleurs, premier pique-nique sur le gazon vert tendre. On pourrait presque oublier que le 8 mai est la fin de la dernière guerre mondiale pour ce cher pays de notre enfance. Le bonheur a ceci d’ingrat, il nous fait oublier les drames.

Les journaux font bien leur boulot, il nous rappelle ce que nous devons à ce jour de liesse commémoré, transformé au fil du temps en journée de paresse. Les photos et reportages nous montrent Paris sur les champs-Elysée bondés souriant au Général de Gaulle.

Et nous en parlons. Mes enfants me parlent de la guerre sans la connaitre, comme moi d’ailleurs.
Je leur explique que l’Europe telle que nous la connaissons a fait son Å“uvre pour que nous puissions vivre en paix et je leur parle de mon grand-père qui fut un rescapé du camp de concentration de Dachau.

Jamais, il n’a pu m’en parler. Ma grand-mère me demandait de ne pas le questionner et elle me racontait ce à quoi il était confronté tous les jours d’horreur pour la petite fille de 10 ans que j’étais. J’aurais tant aimé dire le pourquoi à mes enfants. Je ne le saurais jamais, ils sont décédés, il y a longtemps. Mes parents aussi ont emprunté l’autre rive. Alors, j’imagine bien, grâce aux travaux des historiens et des journalistes, ce qu’il a du subir.

Mes enfants, eux-aussi touchés par cette émotion, me parlent alors de ce qu’ils ont pu ressentir à travers les films consacrés à cela ; mon fils me dit qu’il aurait fait comme Mr Schindler ; ma fille me parle du Vieux Fusil et du drame de cette famille. À cet instant, je m’apprête à mettre dans le lecteur, le film “Le pianiste”. Je vous laisse en pensant aux nouveaux printemps, j’aimerais qu’il n’y ait que le parfum des fleurs sans les effluves de la honte de nos histoires passées.

Comments

2 Responses to “Les effluves de la honte”

  1. Wah-wah on mai 9th, 2008 16:27

    Au fait, il faudrait requalifier le 8 Mai en journée de deuil.
    N’oublions pas, qu’à la fin de cette tragique période, on comptait plus de 60 millions de mort toute nationalité confondue. Fêter une victoire me parait déplacé!

    60 MILLIONS !!!

  2. Jump on mai 10th, 2008 13:15

    Et si plutôt que de fêter une victoire, chacun des pays concernés fêtaient ensemble la fin de cette horreur ? Je pense que ça aurait bien plus de sens…

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