Savoir abuser de tout avec modération !

Poste le 2 juin 2008 
Dans la categorie Humeur

C’est à y perdre son latin !!

Manger cinq fruits et légumes par jour, manger des produits laitiers, nos amis pour la vie, veiller à son apports en protéines, en sels minéraux, boire de l’eau, boire du vin pour le cÅ“ur, préférer le régime crétois, utiliser des huiles différentes, savoir choisir le bon gras du mauvais, mettre des nutriments dans son alimentation, etc…… Pffffffffff !!

Et je ne vous parle même pas des produits bio et des compléments alimentaires, ni des carences en vitamines dans les fameux fruits ou légumes à cause de la manière de les cultiver, et de tout et tout !

Bordel ! Si on devait suivre à la lettre tous ces précieux conseils, on mangerait toute la sainte journée. Et les repas tiennent du casse-tête chinois. Punaise, ma mère ne se prenait pas la tête comme nous. D’abord, y’avait pas de fraises en hiver et il y avait des règles simples, les mois en R pour certains poissons, les légumes de saison, les confitures faites maison, les quatre-quarts pour nos quatre-heures, une pomme pour calmer le ventre impatient, un peu de sirop dans l’eau du robinet. L’économie du ménage s’accordait avec le rythme des saisons et nos joues étaient roses pour afficher la bonne santé.

Aujourd’hui, dans le magma d’informations, lorsque nous adoptons un conseil, son contraire intervient dans l’heure qui suit. J’en ai marre !

Alors, j’ai décidé d’adopter le seul précepte de vie qui vaille : “Abuser de tout avec modération !”

J’explique. C’est un principe simple, en définitive, et plein de bon sens. C’est gouter avec désir ce qui s’offre à nous sans se faire éclater la panse, que l’on écoute aussi. C’est boire avec délectation un verre de vin quand vous avez envie, c’est manger un bout de gâteau en fondant de plaisir, humer le fromage que vous portez en bouche, et comprendre que le temps de ces émotions gustatives est en accord parfait avec ce qui doit vous sustenter le corps et l’esprit.

L’abus, la gourmandise ne se trouvent pas seulement dans la quantité de ce que l’on ingurgite, l’ivresse ne doit pas seulement vous faire chavirer mais s’adresse ici à l’ensemble de vos sens. Se nourrir devient un voyage sensoriel et je pense alors que nous profitons pleinement de ce nous offre la nature même trafiquée.

C’est comme faire la fête, point trop n’en faut. Ces abus-là avec vos amis construisent des bons moments et votre teint ou votre foie mérite le temps du repos. Manger trop de ceci ou cela, viande, fromage, gâteau, ou boire trop de thé, de vin, de café, d’eau (des récentes études ont démontré les effets nocifs du trop d’eau alors qu’on nous a gavé avec le litre et demi par jour pendant des décénies), nous transforme en outre. Et nous voilà barrés dans des régimes lyophilisés pour conformer nos silhouettes aux standards cruels qui nous gomment les seins et les hanches ou les coussins d’amour.

Et depuis quand exactement la bouffe est-elle devenue culpabilisante ?

Depuis quand le plaisir de la table s’est transformé en concept marketing pour produits manufacturés en usine ?

Depuis quand nous choisissons les restos pipoles pour justifier du prix indécent d’une forme de talent gastronomique ?

Depuis quand, nous ne pouvons plus prendre le lait à la ferme ?

Depuis quand, nous mangeons des antibiotiques en même temps que le steak ?

Depuis quand, les pommes ont toutes la même forme ?

Pourquoi les bouteilles de vins ne sentent plus le liège du bouchon ?

Depuis quand le jambon ne se trouve plus qu’en emballage plastique ? Et pourquoi le poisson surgelé est moins cher que le frais ? Pourquoi ils rajoutent des vitamines dans le lait, des nutriments dans les yaourts ?

C’est à devenir dingue ! Tout le monde sait et nous restons impassibles, gentils et consommateurs. Nos petits boycotts ne vont pas faire changer le binz. Alors, vous conviendrez de la sagesse de cette attitude, la Ménagère point Net n’a pas la vocation du Chee, il faut être un peu vilain pour faire une révolution.

Je préfère cette philosophie alliée au plaisir, la tempérance, et ce précepte est une façon singulière de combiner la passion à la raison. Elle s’applique dans ce cas à un art de vivre autour de la table, une résistance pacifiste pour demeurer humain et souriant. Un précepte d’épicurien comme me l’enseigna mon père.

C’est comme croquer la pêche juteuse en prenant le temps de la savourer, de prendre une gorgée de ce vin dans votre verre et laissez vous tenter par le chocolat qui vous tend les bras, et laissez ces goûts vous envahir un temps certain, vous frémirez de plaisir en fermant les yeux sur ces émotions toutes intérieures.

Comments

One Response to “Savoir abuser de tout avec modération !”

  1. corinne on juin 12th, 2008 13:11

    c est drole cet article aujourd’hui ! j ai publié un petit papier ou je declare que je dois perdre 5 kg !!! je suis totalement d’accord avec toi mais c ‘est justement parce que j’ai abusé de vin, de chocolats et de restaus copains que 5 vilains kilos ont envahis mon pauvre corps !
    J’adore tes articles !

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