Les chaussures, délicieux péché !
Poste le 20 juin 2008
Dans la categorie Humeur
Toute une histoire, tout un poème.
J’érige un hôtel particulier dans mon dressing à ces objets de culte suprême. Je serai chassée du paradis, certes chaussée, tant ces petites choses de cuir ou autre me font commettre tous les péchés mortels.
À chaque nouvelle collection, je suis frappée par l’envie. Le nombre, qui ne cesse d’accroitre sur cette étagère divine, m’accuse de gourmandise consentie à ces objets. Lorsqu’elles sont sexy, je m’abandonne à la luxure en les gardant enlacées à mes chevilles. J’éprouve de la colère quand ma pointure ne figure plus dans le stock, quand j’ai jeté mon dévolu sur un must-have à talons. Je me montre avare sans vergogne avec tous mes amours, quand j’ai décidé de mettre mes économies dans un modèle couture. Je peux laisser mes priorités de ménagère au placard et paresser dans l’antre bénie de tous mes péchés. Et je peux être prise en flagrant délit d’orgueil en me tapant la frime avec une paire de souliers scintillants.
J’aime toutes les pompes de la ballerine jusqu’au bout pointu en passant par les bottes ou la sandale enlacée. Je m’émerveille à chaque fois d’un modèle qui ose l’audace d’une séduisante originalité ou d’un classique revisitée qu’adorent les hommes à la manière de Truffaud, car les jambes des femmes se dessinent mieux en habillant leur pied de ces bouts de matière à damner n’importe qui.
Les femmes l’ont compris depuis fort longtemps et les Ménagères aussi.
Ouste l’idée reçue de la Ménagère en pantoufles déglinguées !! C’est comme en grammaire, l’exception ne fait pas la règle. Et, ce n’est pas parce que certains ont préféré montrer, sous bien des coutures, quelques unes d’entre nous, dans des jours sans, que cela signifie que nous sommes sans désir et sans fantaisie. C’est le dictat irrévérencieux qui contraint, un bon nombre, à confondre la ménagère en deux entités diamétralement opposé : la pute ou la sainte.
Ni l’une, ni l’autre !! Les Ménagères sont des humaines, fragiles et fortes, et les chaussures sont l’exutoire nécessaire, et surtout sublime, pour supporter tous les aléas de nos tâches trop nombreuses. Cela peut couter cher, on en convient. Cependant, nous faire croire que les pendants masculins ne le sont pas !!??!! Il s’avère inutile de continuer à entretenir le mythe. Il n’y a plus que Findus qui ose encore penser que nous sommes bêtes à bouffer du foin.
Alors, je partage cette dévotion faite aux accessoires féminins les plus délicieux avec bon nombre de mes copines. C’est un sujet adorable qui ne nous lasse pas. Ce sujet n’est pas décérébrant comme on pourrait le penser. Se chausser est primordial pour savoir se tenir debout, pour simplement marcher.
Nous nous sommes senties responsables et inquiètes quand il a fallu chausser nos bébés pour la première fois, une étape déterminante pour apprendre à marcher pour chacun d’entre nous. Et, quand je suis devenue une jeune fille en fleur, j’ai constaté bien heureusement que les garçons regardaient mes jambes et que la chaussure jouait, dans ce cas, un rôle premier dans la capture de leur regard rien que pour moi.
Chaussure et séduction ou chaussure et confort, les hommes optent pour la deuxième solution pour eux-même et leur désir pour nous s’inscrit dans la première version. Nous acceptons cet état de fait, même si nous ronchonnons souvent quand nos pieds nous font souffrir, alors qu’ils aiment le clac-clac de nos talons hauts sur le bitume quand leurs congénères les félicitent d’un air entendu et silencieux du choix de la femelle à leur bras.
“Trouver chaussure à son pied” n’est pas une mince affaire. Ce dicton populaire, pour conclure ce billet, couronne en une seule phrase, jusqu’à confondre le mâle aux objets corrompus à nos fantasmes de beauté sur pied, tout le dilemme du choix tant pour l’objet, que pour celui qu’il confond.
Et que nul ne s’offusque d’en essayer beaucoup et d’en posséder quelque un(e)s, it’s life !! ![]()
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