Un Conte de Noël qui n’en est pas !

D’accord, les acteurs sont talentueux et l’écriture des dialogues vaut son pesant de cacahouètes. Comme la maladie génétique de Vuillard mère, on est présent sans y être invité, quoique ! La caméra nous prend à témoin par les confidences intimes de chacun d’entre eux, genre de pitch perso qui nous donne des clés pour comprendre cette drôle de tribu.

Arnaud Desplechin adore le jeu des 7 familles aisées, cultivées, artistiques, mélancoliques. Il situe ses drames familiaux entre les non-dits, les mythes nourris des psychologies modernes, les petites haines entre ses membres, la tendresse des originalités de ses personnages. Il joue du rasoir avec le fil ténu qui sépare la raison et la folie, comme si, elle se tapissait au fond de chacun de nous. Ce qui ne serait pas franchement étonnant si j’étais née Vuillard ou Desplechin.

Le thème d’Un Conte de Noël n’est pas inintéressant mais je n’ai pas aimé ce film. Trop long, trop décousu, trop tout. Pourtant le trop sied merveilleusement à Mathieu Alméric qui m’époustoufle à chacune de ses performances d’acteur. Il porte à lui tout seul ce qui a de bien dans ce film par le rôle qu’il incarne dans ce fin-fou d’Henri. Fin-fou, c’est l’adjectif convenable pour décrire les Vuillard, chez qui le cancer s’est invité par deux fois en voulant tenir, une nouvelle fois, ses promesses de mort.

Quant à Catherine Deneuve, que j’adore, elle méritait la palme de son succès, d’autres supports filmiques lui avaient déjà rendu grâce. Les photos, ci et là de son parcours dans le temps qui ne l’a jamais gâché, lui rendent hommage subtilement dans le décor.

Pour résumer, le film n’avait pas la dimension de Rois et Reines et j’en fus fort déçue.

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