Le coucou de Prune
Poste le 2 juillet 2008
Dans la categorie Etude de Moeurs
Tous les hommes ne sont pas des Maurice. Dommage !
Il existe une famille de mecs qui sont des drôles d’oiseaux. Je les appelle des coucous. La comparaison est facile car ils agissent exactement comme l’oiseau nommé ainsi. Ils sont intelligents et charmants de prime abord, arrivent comme Zorro, la plupart du temps, dans votre vie cabossée par une peine récente. Ils vous écoutent, ils vous plaignent et vous écoutent pour mieux entendre ce qu’il est nécessaire de mettre en place pour mieux vous soumettre.
Ce sont des êtres dangereux. Ils vivent à vos dépens et arrivent par le jeu d’une manipulation de vos sentiments à vous faire croire que c’est le contraire. Le prince sauveur se transforme en dictateur sans que vous ayez eu le temps de vous rendre compte de rien car vous avez tant à faire, vous êtes si occupée entre toutes vos priorités. Vous n’avez pas le choix et bien des sages de toutes époques confondues ont posé toutes les questions sur le combat de la raison sur la passion, qu’il n’est pas besoin de vous dire que vous êtes nulle car ce n’est pas vous, en un seul clic de la pensée, que vous résoudrez le dilemme de toute une humanité.
Bien sûr, on s’en veut, on se dit que l’on est con, qu’après une bataille tout azimut pour échapper au coucou, on se retrouve ruinée, détestée et incomprise. Mais ceci n’est pas grave, car nous connaissons des filles, qui, pour échapper au truc, ont sauté du 20e étage de l’immeuble en face.
Nous allons ici, faire état d’un cas qui devrait faire office de jurisprudence dans le petit manuel rouge de la Ménagère, pour nous, pour nos copines, pour nos sœurs et nos filles surtout.
Pour commencer, voyons comment se comporte cette espèce d’oiseau qui se nomme coucou. Sur un site spécialiste des oiseaux, quand on décrit le comportement de l’oiseau, voici ce qu’on y trouve :
“Le coucou gris parasite les nids des autres espèces. Le coucou dépose ses Å“ufs dans les nids des autres oiseaux. Le nid de la rousserolle effarvatte est très souvent choisi. Le coucou passe de longues heures à observer dans la roselière le comportement de la rousserolle. L’oiseau dépose un Å“uf quand la rousserolle commence à pondre les siens, mais avant le début de l’incubation. Dès que le nid est libre, le coucou enlève un oeuf et dépose le sien parmi ceux de l’hôte. La femelle peut pondre de 8 à 25 neufs par saison dans différents nids.
Après la naissance, le jeune coucou fait rouler les autres Å“ufs hors du nid. Il les pousse avec son dos jusqu’au bord, et les fait passer par-dessus. Il peut aussi de la même façon, pousser les jeunes de la rousserolle.”
Édifiant, non ?
Je vais vous parler du cas Richard.
Il y a un an, une de mes amies, vient me voir avec une mine resplendissante, nous l’appellerons Prune. Cela me fit plaisir. Son cancer féminin l’avait affecté, elle vivait seule avec ses deux garçons. Prune est indépendante, elle a une petite entreprise qui ne connait pas la crise, même si, parfois, quand on est seule et malade, il est difficile de tout concilier.
Prune est une femme moderne, mettant en doute raisonnablement, tout ce qui est formaté dans ce bas monde. Pour reprendre du courage et un semblant de bien-être, elle s’intéresse à une nouvelle façon de manger, de bouger, de se soigner. Normal, non, quand on a un cancer ?
Si Montaigne avait connu Prune, il aurait été conquis et son écriture aurait été plus poétique.
Comment ? Elle est l’incarnation de sa maxime : un esprit sain dans un corps sain. Prune plonge dans les profondeurs des océans ; Prune est premier prix de conservatoire et elle joue dans un orchestre de renom ; Prune a vaincu tel un chevalier de la table ronde la maladie qui affectait sa féminité. Prune aime les arts et les sports, je me retrouve avec elle sur la première partie, votre dévouée n’est pas sportive. Ainsi est Prune. Ses fils sont deux adorables garçons qui sont bien campés dans leur époque et dans la problématique de l’adolescence.
Tout va bien, non ? Ben oui, si bien, que ce jour, où elle est arrivée chez moi avec des croissants au beurre et le sourire qui ne se décrochait plus de ce visage anciennement meurtri par la maladie, je partageais la joie de son bonheur prometteur.
Il n’habitait pas la région, il était thérapeute new age qui semblait connaitre son affaire avec un cabinet en Allemagne. Je l’ai rencontré, son accent à couper au couteau me faisait sourire, et je respectais ses choix de bouffe tout en plaignant ma copine car je savais qu’elle devrait finir par renoncer à nos petits plaisirs d’épicurienne. Son regard pétillait, c’était tout ce qui comptait au bout du compte pour moi.
Quand l’état de grâce de la rencontre battait son plein, je ne l’ai pas beaucoup vu et moi d’ailleurs, je me déplaçais beaucoup à l’étranger pour mon boulot à ce moment-là . 3 mois plus tard, je vis ma Prune dans son antre pro et elle était toujours aussi radieuse. Elle m’annonçait que vu la distance qui les séparait, ils avaient décidé de vivre ensemble et qu’il s’installerait chez elle. Je ne pus m’empêcher de dire que c’était trop tôt et qu’elle ne le connaissait pas vraiment. Elle me sortait toutes les raisons du monde de la femme fraîchement amoureuse pour me rappeler que ce n’était pas mon affaire ; elle avait raison.
Donc, l’oiseau s’installait chez elle. Je travaillais toujours beaucoup et un jour, je me suis fait mal stupidement à une épaule. Le hasard fit que ce même jour, elle m’appela sur mon portable et je lui raconte ma présente douleur. Ainsi, je rencontre donc la compétence de Richard. Je dois préciser que j’ai vraiment l’esprit large mais alors là , cela dépasse l’entendement. Mon épaule avait été meurtrie par les actes de ma grand-mère morte quand j’avais 1 an et demi. Bon, acceptons et observons le phénomène. Je suis partie avec ma douleur à l’épaule et le moral en berne. Je me suis dit qu’il me manquait une dimension pour accéder à ce degré de compréhension. Cependant, j’éprouvais le sentiment d’avoir rencontré une coquille vide.
Prune est une femme de goût ; son intérieur est aussi doux qu’elle, des meubles chinés qu’elle restaure avec talent, un miroir doré immense, en récompense d’un travail fastidieux, était posé comme pour agrandir une pièce qui accueillait ses enfants, sa famille, ses amis. Le type en question commençait à vouloir changer tout ce que temps lui avait permis d’acquérir, il couvrait ce miroir car il pouvait voir les hommes de son passé se mirer à travers lui, son appartement le rendait malade à cause des effluves du passé de Prune, et il fabriquait des prétextes pour qu’elle se débarrasse du lieu maudit qui était soi-disant responsable de son cancer. Ces faits ont été observés 6 mois après la belle rencontre. Prune cède et décide de vendre le bel appartement pour acheter une maison avec celui qui finirait par la perdre. Ils décident d’acheter une maison où bien sûr, elle apporte le 3 quart du financement. Dans l’intermède, il achètera un studio pour installer un cabinet de travail où n’est apposée aucune plaque sur la façade, où la salle d’attente est aussi peuplée qu’un désert de sable. La provenance de cet argent est douteuse puisque je vous signale qu’il n’a pas le moindre euro pour participer au frais du ménage de Prune, squatté par ce creuvard.
Avec une autre amie, nous avons tiré toutes les sonnettes d’alarme, et rien n’y fit. Elle était sous influence, il ne gagnait pas de tunes, avait le cul au chaud et bouffait dans la marmite qu’elle se tuait à faire bouillir. Et le sourire de Prune était maintenant remplacé par des larmes à cause du chantage affectif qu’il lui faisait subir. Comme Prune travaille beaucoup, il se retrouvait parfois seul avec ses fils. Résultat de l’opération : le second éprouve la nécessité de vivre chez son père alors que le libre accès aux deux maisons est consenti dans les actes du divorce intelligent avec le père de ses enfants.
On découvrit plus tard qu’il organisait, dans la future maison, des interdictions d’accès à certaines pièces pour enfants et chien, que personne ne pouvait poser images, icônes pour ados ou fille sur les murs de toute la maison et que l’eau de Javel (!), entre autres exemples, n’existerait sous aucune forme dans cet antre qui finissait par ressembler à un quartier général de la guerre de 1940 géré par des allemands. Cette maison du bonheur sous condition aurait permis de rassembler tous leurs enfants. Il parait étrange tout de même qu’un homme, après une décennie de séparation, entretienne toujours des rapports conflictuels avec la mère de ses enfants surtout quand ceux-là sont des ados et qu’il prétextait quatre murs pour pouvoir jouer son rôle de père. Prune, étant une mère, avait cru à la vérité de cette douleur et au manque qu’il semblait éprouver sans jamais vouloir se remettre en cause.
Ces manipulateurs ont un fort désir d’enfant pour mieux vous occuper et régner en seigneur et maitre sur toute votre vie. Par la grâce de Dieu, cela ne se fit pas pour Prune. La justice divine s’exerça pour couper le drôle de lien qui les unissait, le couple éclate le jour de la signature de l’acte pour la maison qui allait installer tout le malheur de Prune, de ses enfants et de l’adorable toutou. Bien sûr, il n’avait pas le premier sou pour l’acquérir seul, ni pour son entretien et encore moins pour lui-même. Évidemment, il tenta des opérations de séduction du diable pour ne pas perdre la poule aux Å“ufs d’or. C’est devant le désastre financier qu’elle prit conscience de sa manipulation sous caution de l’amour, sous la promesse d’une construction familiale et du désir de reconstitution de ces 2 familles éclatées. Ce type avait le cÅ“ur et les poches vides et jouait au Prince consort avec la générosité naturelle de Prune et ses deniers.
Facile, non !
Surtout que Prune ne méritait pas cette aventure, elle est de ces femmes qui accusent les deux rôles d’une famille, et comme il est bon, qu’un homme nous considère autrement que dans ces deux fonctions assumés comme pour n’importe quelle famille monoparentale. Ces types, ces coucous, sont des pervers manipulateurs. Ce sont des sociopathes. Sachez que ceci est un comportement typique de ces coucous-là et que, si vous êtes essoré par pénurie de compassion à leur égard et surtout d’argent pour leur besoin de vie qu’il régente, ils trouveront une autre fille avec une place vacante dans son cÅ“ur et un désir avoué d’amour mais surtout en quête d’une forme illusoire de construction. Et je vous en prie, il faut bien comprendre que ce sont les rêves qui nous font accomplir les plus belles choses. Ces gens-là en sont dépourvus, leur quête réside à occuper votre nid et à imposer leur loi sous forme de dictature alors qu’ils ne sont pas chez eux. C’est anormal, c’est immoral mais force est de constater que nos vents d’indépendance ont fait proliférer cette nouvelle race de mecs profiteurs et dangereux ; leur intelligence est vraiment remarquable. Ce sont des stratèges hors pair, ce sont des caméléons et nous ne sommes pas assez méfiantes vis à vis de ces êtres hors du commun qui déguisent leur sombres attraits par des charmes auxquels nul d’entre nous n’est insensible . Le génie humain est toujours fascinant et comme dirait Yoda, ils sont surtout habités par le côté obscur de la force. Méfiance !
Prune a retrouvé un nouveau nid sans présence aucune du coucou en question, ce fut raide pour elle, la chance est que son nouvel appartement est vraiment très joli, tout lui semble calme même en ville. Elle vient de retrouver sa paix intérieure.
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One Response to “Le coucou de Prune”
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cette histoire me donne des frissons! les filles même les plus intelligentes se laissent facilement embrigader par des “coucous” malveillants, nous voulons être fortes, travailleuses, energiques mais au moindre regard de tendresse nous sommes capables de perdre toute notion d intelligence pour tomber toutes crues dans les crocs d’un vampire ! j ai une amie à qui une méssaventure similaire est arrivée, c est un souci d argent au bout de 9 mois qui lui a fait comprendre qu elle devait sortir le coucou de son nid!
je me regale toujours autant à te lire…