Je vous aime, le film de Claude Berry

Ce film a 28 ans. Claude Berry a réuni autour de Catherine Deneuve des acteurs monumentaux comme Depardieu, Gainsbourg, Trintignant, Souchon et encore bien d’autres…

C’est à revoir, c’est parfait pour les jours d’été perturbés par l’année des 13 lunes. Alice, dans son désarroi, incarne une femme résolument moderne. Les hommes, les enfants, la vie, les rencontres et les déchirures, c’est divin !

En plus de se (re)voir, il s’écoute sans nostalgie. Plaisir garanti.

Magnifique Sagan

Comment vraiment parler du film de Diane Kurys sur la vie de Françoise Sagan sans souligner l’interprétation époustouflante de Sylvie Testud ?

Comment ne pas être emmener par le récit saganique pour celle qui semble avoir inventé le concept bourgeois-bohème à elle toute seule ?
Comment ne pas être touché par le travail sincère de la réalisatrice qui a su adapter le ton du film aux champs lexicaux des thèmes favoris de la Sagan ?

Ce film est une ode à la Dame qui se regardait de l’intérieur pour commettre “Bonjour, tristesse”, celui qui trônait sur mon chevet quand j’étais lycéenne. Diane Kurys me raconte Sagan et je la crois, elle choisit une pièce de musique se situant entre la légèreté et la mélancolie comme si elle avait entendu celle qui habillait la voix de l’auteur entre les lignes de ses Å“uvres.

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Un Conte de Noël qui n’en est pas !

D’accord, les acteurs sont talentueux et l’écriture des dialogues vaut son pesant de cacahouètes. Comme la maladie génétique de Vuillard mère, on est présent sans y être invité, quoique ! La caméra nous prend à témoin par les confidences intimes de chacun d’entre eux, genre de pitch perso qui nous donne des clés pour comprendre cette drôle de tribu.

Arnaud Desplechin adore le jeu des 7 familles aisées, cultivées, artistiques, mélancoliques. Il situe ses drames familiaux entre les non-dits, les mythes nourris des psychologies modernes, les petites haines entre ses membres, la tendresse des originalités de ses personnages. Il joue du rasoir avec le fil ténu qui sépare la raison et la folie, comme si, elle se tapissait au fond de chacun de nous. Ce qui ne serait pas franchement étonnant si j’étais née Vuillard ou Desplechin.

Le thème d’Un Conte de Noël n’est pas inintéressant mais je n’ai pas aimé ce film. Trop long, trop décousu, trop tout. Pourtant le trop sied merveilleusement à Mathieu Alméric qui m’époustoufle à chacune de ses performances d’acteur. Il porte à lui tout seul ce qui a de bien dans ce film par le rôle qu’il incarne dans ce fin-fou d’Henri. Fin-fou, c’est l’adjectif convenable pour décrire les Vuillard, chez qui le cancer s’est invité par deux fois en voulant tenir, une nouvelle fois, ses promesses de mort.

Quant à Catherine Deneuve, que j’adore, elle méritait la palme de son succès, d’autres supports filmiques lui avaient déjà rendu grâce. Les photos, ci et là de son parcours dans le temps qui ne l’a jamais gâché, lui rendent hommage subtilement dans le décor.

Pour résumer, le film n’avait pas la dimension de Rois et Reines et j’en fus fort déçue.

And the winner is …

A french movie from Laurent Cantet !

Palme d’or : «Entre les murs» du Français Laurent Cantet - sortie en France 15 octobre

Grand Prix : «Gomorra» de l’Italien Matteo Garrone - 13 août

Prix du jury
: «Il Divo» de l’Italien Paolo Sorrentino - 10 décembre

Prix d’interprétation féminine : la Brésilienne Sandra Corveloni pour « Linha de Passe» - date de sortie indisponible

Prix d’interprétation masculine : l’Américain Benicio del Toro pour « Che » - sortie des deux films en octobre et novembre

Prix de la mise en scène : «Les Trois Singes» du Turc Nuri Bilge Ceylan - janvier 2009

Prix du scénario : «Le silence de Lorna», des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne - 10 septembre

Palme d’or du court-métrage : «Megatron» du Roumain Marian Crisan

Caméra d’or : «Hunger» de l’Anglais Steve McQueen - 19 novembre

Prix spécial du 61e Festival de Cannes pour l’ensemble de leur carrière
: l’actrice française Catherine Deneuve et l’acteur réalisateur américain Clint Eastwood

Ulzhan, une histoire du Kazakhstan

Ulzhan est un conte sorti tout droit des steppes de l’Asie Centrale. Le film emprunte toutes les ficelles des histoires orientales et cela offre un moment rare.

Réduire le film à deux lectures, celle de l’homme blessé incarné par Philippe Torreton, au sommet de son art, et celui d’un pays méconnu, le Kazakhstan, serait partiellement juste mais inexacte. Volker Schlöndorff travaille l’Å“uvre à la manière des références culturelles allemandes, l’incontestable maestria en la matière poétique. Je me suis laissée doucement portée par le jeu de la narration en image, de la dissimulation de la douleur, de l’apparition du vendeur de mot et de la fraicheur de la belle Ulzhan.

Charles se fuit. Charles se dépossède de tout et de lui à quelques kilomètres de la frontière du Kazakhstan. La quête initiatique de Charles nous découvre un pays que nous connaissons si peu. Nous le suivons dans ses pérégrinations, à pied ou à cheval, des steppes de l’Asie Centrale jusqu’aux portes de la Chine. La dimension contemplative de la caméra et de la mise en scène vous amène au dépaysement le plus total jusqu’à vous faire sentir sur votre joue, le souffle de la course à cheval. La musique de Bruno Coulais est magistrale ; elle apporte au film ce parfum nourri de tous les mystères et des beautés âpres de ce pays d’une grande majesté naturelle.

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Une histoire italienne à ne pas manquer !

En quelques mots, voici son résumé.

A l’aube du 30 avril 1945, cinq jours après la Libération, on découvre, dans la banlieue de Milan, les corps d’Osvaldo Valenti et de Luisa Ferida, exécutés quelques heures auparavant par les partisans. Couple célèbre à la vie comme à l’écran, Valenti et Ferida étaient deux stars de ce cinéma des ” téléphones blancs ” que le fascisme avait encouragé et dans lequel ils incarnaient presque toujours des personnages négatifs et scélérats. Leur vie privée était, elle aussi, désordonnée ; ils étaient tous deux cocaïnomanes et avaient, disait-on, tendance à s’adonner à la promiscuité sexuelle.

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Le festival de Cannes de la Ménagère

Cannes…

Le festival…

Un président beau comme tout, un jury …

Des films, des films …

Des stars, des vedettes, un tapis rouge …

Et il y a le ciel, le soleil et la mer …

Et moi, derrière ma télé …

Je rêve, un peu, beaucoup, énormément …

Tiens, j’épluche même les pommes pour mon crumble sur la table du salon.

Vous avez vu comme moi, la jolie robe bleue d’Eva Longoria, les boucles de Nathalie Portman, le craquant Jean Dujardin, Gad en pinguoin, et je deviendrais liquide si Édouard Bear me demanderait la faveur d’une valse.

Pourquoi, j’écris ça d’ailleurs ? Comme si, c’était possible !!!

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Deux jours à tuer ! Attention chef-d’oeuvre !

Je sors du ciné et je saute sur mon clavier pour ne pas perdre une seule miette de l’émotion intense du film de Jean Becker.

Les larmes aux yeux, le ventre noué et les questions qui viennent me cogner la tête sur le temps qu’il nous reste et ce que nous ferions à la place d’Antoine si les Parques finissaient de s’occuper du fil de notre vie.

Jean Becker met en scène l’alibi d’une lâcheté de mec, servant un quiproquo utile d’une amie qui vous veut du bien et qui fait le mal - comme cela existe dans la vraie vie. Antoine préfère la méchanceté à la pitié ; celle-ci se nourrit sans doute de l’injustice de ce qui lui tombe sur le coin de la gueule. L’harmonie de la vie d’Antoine lui apparait alors comme une insulte. Cette fin de non-recevoir, alimentée par le spectre de l’adultère et le faux semblant dans tous ses états, transforme son anniversaire en drame bourgeois avec procès d’intention à tous ceux qui lui sont importants, en amour comme en amitié.

Il en est que le film est magnifique. Les décors sont superbes, en passant de l’intérieur à l’extérieur. La musique savamment choisie, notamment la chanson de Régiani, sublime le message du film. La réalisation est magistrale comme à l’accoutumée du Maitre Jean Becker. Albert Dupontel sied le rôle d’Antoine comme un gant ; il rend crédible tous les paradoxes du personnage, jusqu’à dissimuler son désarroi face au mal qu’il fait sciemment et auquel il ne peut et ne veut plus échapper. Marie-Josée Croze est magnifique dans le rôle de l’épouse aimante et blessée ; on se confond en elle lorsqu’elle sait qu’elle se retrouvera seule avec ses deux enfants ; on lui témoigne de l’admiration quand elle le laisse partir malgré l’amour et l’incompréhension. Les amis sont incarnés par une pléiade d’acteurs les uns aussi étonnants que les autres, sans parler de la dimension que Pierre Vaneck a su donner au père d’Antoine.

Le rythme est emprunté à un opéra car les dix dernières minutes vous surprennent, vous emmènent dans une émotion pure, vous amènent les larmes aux yeux et l’envie de le revoir.

C’est un vrai moment de cinéma …

Le disco d’Emmanuelle

Bande-annonce prometteuse et film navrant.

Voilà, le seul constat qui vaille.

Pourtant, il y a Emmanuelle Béart, magnifique danseuse qui illumine le film par sa grâce.

C’est Esméralda à la cour des miracles, sans la version romancée. Et pour cause, on se demande à qui s’adresse ce film, même en faisant l’effort du 17ième degré.

Le Disco méritait une comédie punchy. Beaucoup d’ingrédients étaient pourtant réunis, chorégraphies authentiques, standards disco , acteurs caricaturés (sauf Dubosc qui joue toujours sur le même registre). L’absence de talent des auteurs a réussi à nous livrer un film décevant. Une sorte de private joke qui s’exporte très mal en dehors du salon de Dubosc et Onteniente.

Sauf pour les inconditionnels d’Emmanuelle, à déconseiller, histoire d’économiser ses euros !

J’ai détesté “There will be blood”

twbbstilltwoactors.jpgDaniel Day Lewis est un grand acteur, ça franchement, on l’a déjà vérifié plus d’une fois. Il est beau, sexy en diable et je dois bien avouer que lorsque les mecs de la maison ont voté pour le western du moment, je ne me suis pas fait priée.

Le générique prometteur, bien campée dans le fauteuil du ciné, certaine que j’allais passer un bon moment, je ne m’attendais pas à cette déception. 2H40 de musique insupportable, 2H40 d’impatience pour les deux mots de “The End”, 2H40 de décryptage pour tenter de comprendre les critiques dithyrambiques à son endroit. Je n’ai toujours pas compris. Bon les clichés sont joliment mis en scène, le rêve américain dans toute sa splendeur (!) pétrolière, le noirceur des hommes de mauvaise volonté, aucun jupon décent à l’horizon ; la fonction servile de femmes, putes ou grenouilles de bénitier stupides, mérite d’être soulignée  pour désigner l’esprit malsain de son créateur …

Et DDL est terriblement noir et brillant comme toujours, son oscar fut mérité, dans le rôle du vrai méchant comme si, pour lui, cela se confond avec l’intelligence sublimatoire.

Bref, j’ai détesté, et je ne fus pas la seule !

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